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"Nous sommes extrêmement sensibles à la question de l'insertion professionnelle des jeunes", c'est en ces termes qu'Hubert BRIN accueille les membres de la Fondation des E2C et du Réseau E2C France, ainsi que les participants aux débats, acteurs sociaux, économiques et politiques. Au nom de Monsieur Jacques DERMAGNE, Président du Conseil Economique et Social, Hubert BRIN souligne que cette présence dans l'hémicycle du Conseil, enceinte privilégiée de débats entre les organisations syndicales, les entreprises publiques et privées et le milieu associatif, atteste de la forte sensibilité de l'institution vis-à-vis des questions sur l'insertion professionnelle des jeunes et le soutien qu'elle accorde au concept d'Ecole de la 2e Chance.
![]() Hubert BRIN
Président de la section des Affaires Sociales du Conseil Economique et Social Président de l'UNAF En sa qualité de Ministre des PME, Renaud DUTREIL insiste sur la nécessaire promotion de l'apprentissage, non plus comme une voie de garage, mais comme la voie donnant une vraie ![]() Renaud DUTREIL
Ministre des PME, du Commerce, de l'Artisanat et des professions Libérales Jean-Pierre CHEVENEMENT, témoigne de la préoccupation de sa ville. A Belfort, une nouvelle E2C doit voir le jour début 2006, avec un effectif de 60 jeunes de 18 à 26 ans. Le Territoire de Belfort, qui a vu naître une maison de l'information sur les formations et qui compte de nombreuses entreprises d'insertion, n'en est pas à sa première expérience dans ce domaine. Pour l'ouverture prochaine de l'E2C, un important travail de sensibilisation auprès des entreprises est en cours, avec le soutien des consulaires. Jean-Pierre CHEVENEMENT s'interroge sur le budget qui sera consacré par la Région à une opération qui, pour 200 000 €, sera financée par la ville de Belfort.
La Région, dont c'est la compétence, a déjà été sollicitée. Line CASAL, Déléguée à la formation professionnelle au Conseil Régional de Franche-Comté, confirme le soutien du projet et son intégration dans le budget 2006 de la formation professionnelle. ![]() Jean-Pierre CHEVENEMENT, Jean-Paul BACHY tient tout d'abord à rappeler que l'Ecole de la 2e Chance en Champagne Ardenne est la seule école française qui couvre
l'ensemble de son territoire, même dans les secteurs ruraux les plus reculés. Sept opérateurs dispensent le programme, piloté par le Centre de formations en alternance de Châlons-en-Champagne. C'est donc à la majorité des bassins d'emploi champardennais que s'adresse l'E2C et, en particulier, à ceux touchés par des restructurations économiques, coûteuses en termes d'emploi. 500 jeunes, exclus du système et sans emploi, sont concernés par le dispositif. Jean-Paul BACHY évoque les formules de partenariat qui se sont créées entre plusieurs structures de formation professionnelle (CFA, AFPA, CFPPA…). Elles ont permis de mettre en oeuvre le réseau territorial en apportant des réponses locales pour chacun des bassins d'emploi. Ceci a conduit à une "économie" de coûts de structures non négligeable. Jean-Paul BACHY connaît les difficultés de ces jeunes, qu'il a reçus à plusieurs reprises. Il évoque les difficultés d'adaptation de ces publics et en appelle à des pédagogies plus actives, qui rompent avec les méthodes traditionnelles d'apprentissage. Pour lui, la maîtrise de la connaissance et des savoirs est l'un des leviers du développement social et économique et le principe de la deuxième chance est de promouvoir l'égalité de tous face à l'accès au savoir. Cependant, le financement du dispositif reste important pour les régions, et Jean-Paul BACHY plaide aujourd'hui en faveur d'un engagement de l'Etat, au côté des Régions et des fonds européens. Cet engagement est justifié par le caractère particulier des publics en voie d'exclusion accueillis et par l'expérience acquise, depuis plusieurs années, par l'ensemble des E2C sur le terrain de l'insertion sociale et professionnelle. De plus, compte tenu du financement par l'Etat du programme Défense 2e Chance, il souhaite une répartition équitable des fonds publics du Plan de Cohésion Sociale, entre le Ministère de la Défense et le Réseau des E2C. ![]() Jean-Paul BACHY
Président du Conseil Régional de Champagne Ardenne Monsieur Jean-Patrick GILLE dresse le portrait d'une toute jeune E2C en Val-de-Loire, qui, dès l'origine a été financée par la ville. C'est aujourd'hui la Communauté d'Agglomération qui prend en charge le financement à hauteur de 10 %, 50 % sont financés par la Région Centre, et entre 40 et 45 % par le FSE. Jean-Patrick GILLE évoque, comme Jean-Paul BACHY, des inquiétudes quant à l'avenir du financement européen et évoque l'opportunité que peut représenter le budget du plan de Cohésion Sociale de Jean-Louis BORLOO, tout en étant conscient, qu'avant tout, il faut faire ses preuves. Après quelques mois d'existence, le premier constat est positif. L'Ecole a "provoqué un engouement" au sein des entreprises, qui sont, rapidement, devenues partenaires du dispositif. Jean-Patrick GILLE est convaincu que l'Ecole a permis, comme un chaînon manquant, de réduire les écarts de compréhension entre les jeunes et les entreprises. Son rôle est donc tout à la fois fédérateur et décloisonnant.
![]() Jean-Patrick GILLE
Premier Adjoint au maire de la ville de Tours Elske PALMIERI rappelle que l'Ecole de Marseille accueille 300 élèves sur le site de Saint-Louis, dans les quartiers Nord de la ville, sur un site de 4 hectares avec 10 000 m² de locaux. L'ouverture d'autres sites permettrait à l'Ecole de toucher davantage de jeunes, le projet est d'étendre le dispositif sur d'autres communes des alentours, à partir de la création de plate-formes.
Le financement du dispositif est assuré à 35 % par la ville, à 15 % par la communauté urbaine, 30 % par la Région et 20 % par le Département. ![]() Elske PALMIERI
Conseillère Municipale déléguée de la ville de Marseille Monique IBORRA rappelle que l'Ecole a été créée par le Conseil Régional en 2003. A la faveur du recrutement de son Directeur, une consultation de l'ensemble des acteurs de l'insertion, de l'Education Nationale et des entreprises ainsi que la mise en place d'un groupe de travail, pendant plus d'un an, a permis de répondre aux trois questions fondamentales : l'Ecole pour quel public, avec quelle méthode pédagogique et quelle place pour les entreprises dans le dispositif ?
La Région a assuré la maîtrise d'ouvrage et héberge l'Ecole qui s'installera au 1er trimestre 2006, dans la maison de l'emploi. Elle lui accorde un soutien financier à hauteur de 55 % pour son budget de fonctionnement, le solde étant financé par le FSE et les collectivités locales. ![]() Monique IBORRA
Première Vice-Présidente du Conseil Régional de Midi Pyrénées déléguée à l'emploi, la formation et l'apprentissage et Présidente de l'E2C Jean-Charles NEGRE indique pour sa part que, pour l'année 2005, le Conseil Général est intervenu dans le financement de l'E2C, pour la partie fonctionnement, à hauteur de 228 000 e et prend à sa charge, sur les trois autres sites les frais d'investissement à hauteur d'un montant de 106 000 e. Un partenariat étroit existe avec la Région Ile de France, les Chambres Consulaires et les trois villes d'implantation de l'Ecole, La Courneuve, la Plaine Saint-Denis et Rosny-sous-Bois. Jean-Charles NEGRE déplore l'image négative que certains medias véhiculent sur les jeunes du département, et a fortiori sur ceux de l'Ecole, qui en sont les premières victimes, sans parler des discriminations à l'embauche auxquelles ils sont confrontés. Le département est en profonde mutation, même si, aujourd'hui, il subit les effets néfastes de la désindustrialisation. Le Stade de France et les grands évènements ont aidé à amorcer ce changement. Le département de la Seine-Saint-Denis compte plus de 24 % de jeunes qui n'ont aucun diplôme, aucune qualification. Cela explique que le Conseil Général ait qualifié de prioritaire son effort de soutien à l'Ecole, qui, pourtant, n'est pas directement de sa compétence.
![]() Jean-Charles NEGRE
Vice-Président du Conseil Général de Seine-Saint-Denis Monsieur Philippe MAITREAU rappelle le soutien qu'ont apporté l'Europe et Madame Edith CRESSON, alors Commissaire Européen, à la création de l'E2C et salue la volonté de Jean-Marie BOCKEL, Sénateur-Maire de la ville, qui a engagé les partenariats pour une stratégie territoriale de l'emploi afin d'insérer professionnellement les personnes de façon durable. En ce qui concerne le financement des Ecoles, Philippe MAITREAU fait remarquer que la loi de cohésion sociale permet de bénéficier de fonds pendant 4 ans si les Ecoles de la 2e Chance sont intégrées dans les conventions d'objectifs des Maisons de l'emploi. S'y ajoute le FSE qui est assuré jusqu'en 2007.
A ce titre, Philippe MAITREAU fait remarquer que la France est le parent pauvre de l'Europe en la matière, opinion partagée par Jean-Paul BACHY. Il note, par ailleurs, la complexité des démarches administratives en faisant part de son expérience en tant que responsable d'une association de gestion d'un programme local d'insertion. Philippe MAITREAU termine en émettant l'idée de la recherche d'un partenariat plus étroit avec l'Education Nationale et insiste sur l'importance du travail effectué par cette institution. ![]() Philippe MAITREAU
Maire adjoint de la ville de Mulhouse, en charge de la stratégie économique, des finances et de l'emploi Catherine VAUTRIN se préoccupe de l'accompagnement vers l'emploi des jeunes sortis du système éducatif sans diplôme ni qualification. Elle rappelle, à ce sujet, qu'en tant que Directrice Générale adjointe des services de la Région Champagne Ardenne, elle s'était mobilisée, lors
de la création de l'E2C, sur un projet qui avait reçu l'assentiment de tous les élus. Catherine VAUTRIN se dit particulièrement enthousiasmée par le choix que les jeunes font quand ils décident d'entrer dans un dispositif qui intègre une alternance entre l'entreprise et les périodes de formation à l'Ecole. Catherine VAUTRIN rappelle que les situations d'exclusion sont multiples et cite l'exemple du chômage des jeunes, et en particulier des femmes, issus de quartiers sensibles. Son ambition à lutter contre les exclusions explique le soutien oral qu'elle apporte aux Ecoles de la 2e Chance et à leurs partenaires, avec qui elle se dit prête à réfléchir pour développer l'accompagnement des jeunes des quartiers sensibles. La Ministre précise qu'il n'y pas qu'une solution, mais des solutions, en évoquant la complémentarité des approches entre le programme Défense 2e Chance et le réseau des E2C. Sur la question du financement des E2C et de l'aide possible de l'Etat, Catherine VAUTRIN souhaite rappeler que la Dotation de Solidarité Urbaine, la DSU, est en augmentation et qu'elle peut être utilisée pour financer du fonctionnement, les villes pourraient en faire bénéficier les E2C. Catherine VAUTRIN s'estime convaincue de la nécessité de créer entre toutes les institutions oeuvrant pour la lutte contre les exclusions, des synergies qu'il faudra coordonner, afin d'apporter des réponses appropriées à celles et ceux qui souhaitent sortir de la spirale de l'échec et enfin recouvrer une certaine dignité, par la construction d'un véritable projet de vie. Catherine VAUTRIN se félicite des travaux de ce colloque et renouvelle son souhait de s'associer à toute démarche de réflexion, avec l'ensemble des partenaires des E2C, pour l'intégration sociale et professionnelle des jeunes. ![]() Catherine VAUTRIN
Ministre déléguée à la Cohésion Sociale et à la Parité Edith CRESSON rejoint les propos de Catherine VAUTRIN pour constater qu'il y a une reconnaissance publique et commune dans la volonté d'endiguer l'exclusion sociale et professionnelle des jeunes. Sur le plan du financement, Edith CRESSON souhaite apporter quelques nuances quant à la répartition des aides de l'état et du poids financier supporté par les collectivités territoriales. Les Ecoles ont fait leurs preuves, de nombreux projets sont en cours, au même moment la mise en place d'un système complémentaire à la Défense en fait un système concurrent au regard des financements.
![]() Edith CRESSON |