![]() | Les Ecoles de la Deuxième Chance |
Pour aider à l’intégration professionnelle et sociale durable des jeunes sortis du système éducatif sans qualification et sans emploi, j’ai voulu imaginer un dispositif innovant.
En 1997 alors que j’occupais la fonction de commissaire européen, j’ai créé les Ecoles de la Deuxième Chance.
Cette idée a rencontré un vif succès auprès des élus locaux (maires, présidents de région, présidents de conseils généraux).
L’E2C de Marseille a été le premier test pilote de ce concept. Elle a été rejointe en 2000 par l’E2C de Mulhouse puis en 2002 par l’E2C de Champagne-Ardenne (avec 7 sites régionaux) et l’E2C de Seine-Saint-Denis (avec 4 sites). En 2003, l’E2C Régionale Midi-Pyrénées et l’E2C de l’Allier ont ouvert leurs portes puis en 2004 l’E2C de l’Essonne, l’E2C Val-de-Loire suivies fin 2005 de l’E2C de la Vienne et en 2006 de l’E2C de Meurthe-et-Moselle, de l’E2C de la Nièvre et de l’E2C de Belfort.
Pour les jeunes sortis du dispositif, le taux de sortie positive, soit vers une formation qualifiante soit vers l’emploi s’établit à 65 %.
Après mutualisation de leurs expériences, les Ecoles de la Deuxième Chance existantes en France ont publié une Charte des Principes et créé une association « Réseau E2C France », présidée par Monsieur Alexandre Schajer, Directeur de l’E2C de Châlons-en-Champagne pour promouvoir le concept, rechercher une validation commune du parcours des jeunes, échanger sur les pratiques pédagogiques et apporter un soutien technique pour la création de nouvelles E2C en France.
Les écoles disposent de moyens spécifiquement dédiés, tant en locaux qu’en personnel. Le financement est assuré par les Régions, le FSE, la taxe d’apprentissage. L’Etat a décidé d’y participer.
Les dispositifs pédagogiques, souples et innovants, sont flexibles, individualisés et laissent une part importante à l’outil informatique. L’alternance est au cœur du dispositif qui a pour objectif de privilégier la maîtrise des savoirs de base (lire, écrire, compter, notions d’une langue étrangère, pratique de l’informatique) tout en faisant découvrir au jeune le monde de l’entreprise dans lequel il va devoir choisir sa voie. Les enseignants sont issus soit de l’Education Nationale, soit d’autres parcours professionnels. La méthode consiste en une approche individualisée qui outre les savoirs dispensés, s’adresse à la personne tout entière.
A côté du réseau des écoles, la Fondation pour les Ecoles de la Deuxième Chance que je préside, financée par de grandes entreprises et gérée par la Fondation de France, a pour objectif complémentaire de permettre aux jeunes de mieux connaître leur environnement (stages à l’étranger, voyages de groupe, de suivre des formations sportives ou culturelles : théâtre, musique, etc), de mieux comprendre les institutions, d’apprendre à se déplacer, à comprendre le contexte institutionnel et social, etc.
Les entreprises qui sont à la base de la Fondation sont la BRED, la Caisse des Dépôts et Consignations et Suez. D’autres ont aidé la Fondation : la Banque de France, Vivendi Universal, Coface, Exalog, le Groupe Hervé, Macif.
Un Comité Exécutif les réunit chaque année pour préciser les projets issus des écoles que les entreprises choisissent de financer.
Aujourd’hui nombre d’élus locaux souhaitent créer une Ecole de la Deuxième Chance. Je souhaite remercier tous ceux qui se sont mobilisés. Les résultats obtenus permettent de voir l’avenir avec espoir.